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Actualité · 7 min de lecture

Conduite accompagnée à 15 ans : les conditions exactes pour se lancer

La Sécurité routière a relancé le 8 septembre 2026 sa campagne en faveur de la conduite accompagnée. Voici ce qu'il faut réunir pour démarrer à 15 ans, et le calendrier réel jusqu'à l'examen.

Le 8 septembre 2026, la Sécurité routière a lancé une nouvelle campagne pour encourager les familles à choisir la conduite accompagnée. L’argument est toujours le même, et il tient : les jeunes conducteurs sont les premières victimes de l’accidentalité routière, et l’apprentissage anticipé leur permet d’accumuler beaucoup plus d’expérience avant de prendre seuls le volant.

Une campagne ne change rien à la règle. Mais elle fait remonter la même question à l’agence, plusieurs fois par semaine en ce moment : concrètement, on commence quand, et il faut quoi ?

Voici les conditions telles que le code de la route les fixe aujourd’hui.

15 ans, c’est l’âge à l’inscription

L’apprentissage anticipé de la conduite (AAC) s’adresse aux personnes de 15 ans ou plus. Cet âge s’apprécie au moment de l’inscription à l’auto-école, pas au moment du premier tour de volant avec un parent : entre les deux, il y a toute la formation initiale.

C’est l’une des trois formules avec phase de conduite accompagnée. La conduite supervisée démarre à 18 ans, la conduite encadrée est réservée aux élèves qui préparent un CAP ou un bac pro des métiers de la route. L’AAC est la seule accessible à 15 ans.

La formation initiale, puis l’AFFI

La phase 1 se passe entièrement à l’auto-école : le code d’un côté, la conduite de l’autre.

Pour une première présentation au permis B, la partie pratique dure 20 heures au minimum. Sur ces 20 heures, 15 au moins doivent se dérouler sur les voies ouvertes à la circulation — ce plancher descend à 10 heures si une partie de la formation se fait sur simulateur. En boîte automatique, le minimum est de 13 heures, dont 10 sur route ouverte (ou 7 avec simulateur).

Ce sont des minimums légaux, pas une durée moyenne. Le vrai repère, c’est le bilan de compétences que votre enseignant fait en fin de formation pratique. S’il est satisfaisant, il délivre l’attestation de fin de formation initiale (AFFI) — le document qui ouvre la phase accompagnée. S’il ne l’est pas, un autre bilan est programmé plus tard. Notre page sur l’AFFI détaille ce qu’on y vérifie.

Cinq choses à réunir avant le premier kilomètre

Pour passer en conduite accompagnée, il faut toutes les conditions suivantes :

  • avoir 15 ans ou plus à l’inscription ;
  • l’accord du représentant légal ;
  • avoir réussi le code — l’épreuve théorique générale, ou ETG ;
  • avoir obtenu l’AFFI ;
  • avoir l’accord écrit préalable de l’assurance sur l’extension de garantie, pour chaque véhicule utilisé. L’AFFI doit être transmise à l’assureur.

S’y ajoute un rendez-vous préalable de 2 heures minimum, sous forme d’une séquence de conduite, avec un moniteur et au moins un accompagnateur présent. C’est à ce moment-là que l’accompagnateur reçoit son guide.

Une précision sur le code, parce qu’on nous pose souvent la question de travers. Il existe bien une dispense d’ETG, mais elle est étroite : elle vaut pour les titulaires d’un permis français, ou d’un permis d’un État de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, obtenu par examen, dans l’une des catégories B1, B, BE, C, D, CE, DE, C1, D1, C1E ou D1E — et à condition que cinq ans au maximum se soient écoulés depuis l’obtention de la dernière de ces catégories. Un permis AM (l’ancien BSR) ou un permis moto A1 n’ouvre aucune dispense pour le code du permis B. À l’âge où l’on démarre une AAC, le code est donc à passer dans la quasi-totalité des cas.

L’accompagnateur doit cocher trois cases

Vous pouvez en avoir plusieurs — parents, autre membre de la famille, amis. Chacun doit :

  • détenir le permis B depuis 5 ans ou plus ;
  • avoir l’accord écrit de l’assurance ;
  • n’avoir eu aucun retrait de permis (annulation ou invalidation) dans les 5 années précédentes.

Pendant la conduite, l’accompagnateur est assis à l’avant, à côté du conducteur. Aux deux rendez-vous pédagogiques, en revanche, il s’assoit à l’arrière : la voiture est celle de l’auto-école, et la place de droite revient au moniteur.

Un an, 3 000 km, et deux rendez-vous obligatoires

La phase accompagnée dure au moins un an et doit couvrir au moins 3 000 km, en France uniquement — la circulation à l’étranger est interdite pendant cette période. Le texte demande aussi de varier les conditions : réseau routier et autoroutier, de jour comme de nuit, par temps différents.

Deux rendez-vous pédagogiques rythment cette phase :

  • le premier, entre 4 et 6 mois après la délivrance de l’AFFI ;
  • le second, une fois les 3 000 km parcourus.

Chacun dure 3 heures : 1 heure de conduite, puis 2 heures de théorie, souvent en groupe avec d’autres élèves et leurs accompagnateurs. La présence d’au moins un accompagnateur est obligatoire aux deux. Un troisième rendez-vous peut être ajouté si l’enseignant, l’élève ou l’accompagnateur le demande. Le déroulé est décrit sur notre page rendez-vous pédagogique.

Les vitesses ne sont pas celles du permis

C’est le point que les familles oublient le plus souvent. Pendant toute la phase accompagnée, les maximums sont abaissés :

  • 110 km/h sur les autoroutes limitées à 130 ;
  • 100 km/h sur les autres sections d’autoroute et sur les routes à deux chaussées séparées par un terre-plein central ;
  • 80 km/h sur les autres routes ;
  • 50 km/h en agglomération.

Un signe distinctif autocollant ou magnétisé, conforme au modèle annexé à l’arrêté du 22 décembre 2009, doit être apposé à l’arrière gauche du véhicule — et sur la remorque, le cas échéant.

Les papiers à avoir dans la voiture

C’est un point sur lequel beaucoup de familles se trompent, y compris de bonne foi. L’AFFI n’est pas le document du contrôle routier : son rôle est de valider la fin de la formation initiale et d’être transmise à l’assureur. Elle reste au dossier.

Ce que l’élève doit détenir pour conduire sur la route, c’est le formulaire de demande de permis de conduire validé par la préfecture — couramment appelé attestation d’inscription au permis de conduire, ou AIPC, acceptée en version imprimée ou dématérialisée — ou son récépissé de dépôt. S’y ajoute le livret d’apprentissage, aujourd’hui numérique, que l’auto-école remet en début de formation.

Côté véhicule et accompagnateur, on présente la carte grise (et celle de la remorque s’il y en a une) et le permis de conduire en cours de validité de l’accompagnateur, ou son attestation de droits à conduire sécurisée (ADCS).

En revanche, aucun de ces textes n’impose de pièce d’identité à l’élève : c’est l’AIPC qui fait foi. L’avoir sur soi reste évidemment une bonne habitude, mais son absence n’est pas en soi un manquement aux règles de la conduite accompagnée.

L’examen à 17 ans, le probatoire à 2 ans

L’épreuve pratique se passe à partir de 17 ans. Jusque-là, même avec toutes les conditions remplies, la conduite reste accompagnée.

Et en cas de réussite, la période probatoire est de 2 ans au lieu de 3 — avec une remontée de points plus rapide. C’est un avantage durable, et pas seulement symbolique : notre page sur la réduction de la période probatoire explique comment il se cumule avec la formation complémentaire post-permis.

Ce qu’il faut préparer maintenant

Si votre enfant a 15 ans cette année, trois choses à faire dans l’ordre :

  1. Appeler votre assureur avant même de vous inscrire. L’accord sur l’extension de garantie doit être écrit et préalable, et il porte sur chaque véhicule utilisé — c’est la condition qui bloque le plus de dossiers au dernier moment.
  2. Vérifier l’éligibilité des accompagnateurs pressentis. Les 5 ans de permis et l’absence de retrait se contrôlent en deux minutes, et évitent une mauvaise surprise au rendez-vous préalable.
  3. Caler le code en premier. C’est lui qui conditionne le passage en phase accompagnée, et c’est la partie qui se travaille le plus facilement en parallèle du collège ou du lycée.

Le détail de la formule et de son organisation figure sur notre page conduite accompagnée. Pour une situation particulière — un accompagnateur au statut incertain, un calendrier scolaire compliqué — passez nous voir ou écrivez-nous via la page contact : ces cas se règlent mieux de vive voix qu’avec un article général.

Une question sur votre formation ?

Nos conseillers répondent à vos questions sur le permis, les délais et les formules adaptées à votre situation.

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